PHOTOGRAPHIC ART PRINTS CREATED WITH LOVE FOR CONNOISSEURS, COLLECTORS AND INVESTORS

VÉRONIQUE GOHIER

« L’engendrement du semblable n’est pas un dédoublement, mais une transformation. »
Alejandro Jodorowsky

La photographie est un insaisissable mélange de réalité et de fiction. Depuis sa création, on tente de définir la nature de ce médium: document? Art? Vérité? Interprétation? Une photographie serait-elle seulement une pâle copie de la réalité? Pour ma part, je dirai: miroir de l’extraordinaire. N’y-a-t-il pas une part de magie à voir apparaître sous ses yeux le témoin de ce qui a été, pendant une fraction de seconde, et qui ne sera plus jamais? Saisir à la fois l’endroit, le moment, la lumière, les gens et l’émotion. Et pourtant, ne pas tout dire. Car, la photographie est aussi construction et il y a nécessairement transformation de par les choix que fait celui qui tient l’appareil. Une synchronie des évènements ne saurait expliquer à elle seule une « bonne » image. Même si le photographe est dépendant du système de représentation de son époque; que la temporalité est inscrite profondément dans chacun des symboles et références qui constituent son oeuvre, sa création n’est pas qu’une simple répétition du passé. Le dialogue visuel de la photographie fait aussi appel à l’affect, cet éternel présent. Pourquoi photographier ceci plutôt que cela? Pourquoi, parmi la quantité phénoménale d’images qui nous entourent, celle-ci retiendra-t-elle votre attention? Pourquoi cette même image viendra-t-elle toucher vos émotions, vous surprendra-t-elle, évoquera peut-être un rêve, des souvenirs ou encore, vos aspirations?

Parce que, indéniablement, la photographie est un art.

Un des thèmes qui m’habitent et que j’explore actuellement dans mon travail est les repères. Ceux que l’on perd dans l’immensité du paysage. Ceux que j’efface en créant des compositions plus abstraites. Les repères du cadre: l’espace de représentation choisi par le créateur. L’espace non représenté, en dehors du cadre, où le spectateur se projette et poursuit sa propre narration. Les cadres présents dans l’environnement: miroirs, fenêtres, lignes et formes géométriques, surfaces d’eau qui par le jeu des réflexions deviennent de petits tableaux en soi. Ou encore, les repères que l’humain crée pour marquer le territoire: signalisation, bâtiments, chemins, clôtures, drapeaux, sculptures… Autant de façons arbitraires et fascinantes de s’approprier l’espace. Les repères permettent de réclamer sa propriété, son identité, de communiquer avec autrui; de délimiter ce qui est à l’intérieur de ce qui est à l’extérieur. L’expérience construite du monde physique est parfois loin de l’expérience réelle vécue par nos sens. Les frontières naturelles entrent parfois en conflit avec celles qui sont choisies ou imposées. De cette opposition naît souvent une beauté bien incongrue. C’est cette « dialectique » qui fait en sorte que les repères sont pour moi un sujet si riche et inépuisable.

Parmi les autres choses qui m’inspirent à créer: la route. Être en mouvement. J’éprouve encore une joie profonde dans la beauté trouvée au détour d’un chemin. Et, surtout, ma créativité se nourrit du plaisir de la découverte et de l’inconnu. On retrouve souvent dans mes images une bonne part d’exploration et d’instantané. Le regard de celle qui n’a pas toutes les réponses. Je fais un constat. Un état des lieux. Voici ce que je vois, regardez-le avec moi. Qu’en dites-vous?

Pour cette première collaboration avec SYD, je vous propose des images tirées de deux séries:

« Insula »

Ce projet a été créé en Islande à l’été 2012. La beauté de cette île est poignante et singulière. Où que l’on pose le regard, on est frappé par le contraste des lieux. L’eau, le feu, la terre et l’air se mélangent sans distinction. Cela se traduit visuellement par des jeux de réflexions, des variations de couleurs inhabituelles, une perte de la ligne d’horizon et une absence de proportion.

insula \ɛ̃.sy.la\ féminin
1. (géographie) nom commun. Mot latin signifiant île.

Une île (anciennement isle) est une masse de terre entourée d’eau.

Isolement, utopie, paradis sur terre, l’île comme support du rêve.

2. (neurologie) le cortex insulaire ou insula est une partie du cerveau qui joue un rôle dans diverses fonctions, notamment celles liées aux émotions, à la perception, et à la conscience du soi. Les neurones qui le composent sont dits « miroirs », car elles font le lien entre l’expérience intérieure et extérieure.

Frontières, limites, le dedans, le dehors, là-haut, en bas, sur le sommet, au fond de l’abîme… L’intangible illusion de la séparation.

 

« Winter »

Cette série poétique est composée d’images noir et blanc prises en 2011 lors d’une tempête de neige entre Québec et Montréal.

 

Véronique Gohier

BIOGRAPHIE

Véronique Gohier est une photographe qui vit et travaille à Montréal. Elle possède un diplôme en photographie du cégep du Vieux-Montréal et un Baccalauréat en design graphique de l’UQÀM. Suite à ses études, elle accomplit divers mandats en photographie de mode, de portrait, de produits, et en commerce électronique. Elle enseigne aussi sa passion depuis quelques années au collégial. En plus de son travail commercial, elle poursuit parallèlement ses projets artistiques et recherches personnelles qui ont été exposés tant au niveau local qu’international.

 

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